Interview – No One is Innocent

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No One is Innocent de retour à Annecy en ce samedi 21 Mai 2011, comme à la maison. Le groupe est déjà passé quelques fois sur la scène du Brise Glace depuis sa création. Ce soir c’est pour défendre les couleurs de leur nouvel album « Drugstore » qu’ils se sont rendu en Haute-Savoie. Nous avons pu interviewer Kémar, chanteur du groupe.

Donc on va commencer par parler de ce nouvel album « Drugstore », beaucoup plus électronique que les précédents albums de No One is Innocent.

Non je ne penses pas du tout, on n’est pas non plus Daftpunk ! On est toujours un groupe de rock, on essaie de se réinventer, de faire en sorte de faire un album avec son temps. Et pas d’être constamment dans les clichés 60’s et 70’s. Tout nos morceaux sont enregistrés avec nos claviers vintage, faut que ça ronronne ! Mais toutes les bases des morceaux viennent avec des accords très rock.

Après avoir écouté l’album et avoir dit ce que l’on en pensait, nous avons regardé les autres critiques, qui ne sont pas très positive dans l’ensemble.

Bah déjà il faut voir que ceux qui disent ça sont des intégristes du rock. C’est à dire des gars, si tu leur enlève une guitare dans un morceau, c’est plus du rock. C’est un peu le problème qu’on avait eu avec les débuts du groupe parce-qu’on avait signé chez une major ( Barclay ) et on était les vendus du rock’n roll. De toute façon à chaque albums on est confronté à des critiques comme celles là car on a toujours choisi avec NO ONE IS INNOCENT de pas faire le même album à chaque fois. Donc forcément tu auras une partie des gens qui ne seront pas content, mais surtout ce que l’on retient, c’est que ces gens là on peur du changement. C’est à dire que dès qu’ils ne sont plus dans leur petit jardin, ils sont déstabilisés, surtout en France. Mais attention, ne rentrons pas dans l’amalgame, c’est juste une petite partie. Mais nous si on choisissait de faire les mêmes schémas et formules, on n’existerait plus aujourd’hui, on se serait nous même fatigué de faire la même chose. Le propre de l’artiste est de se réinventer et se renouveler.
Et puis aussi, les meilleurs albums sont souvent décriés dès le départ.(sourires)

Presque la moitié des chansons sont en anglais dans DRUGSTORE, pourquoi ce choix ?

Parce-que la musique que tu créer, à un moment donné, t’appelle soit à chanter en français soit en anglais. C’est instinctif et nous on marche beaucoup à çà avec No One is Innocent.

Et toi justement, très bon parolier, qui écrit beaucoup de textes politiques et d’actualité, est-ce que tu penses qu’ils peuvent être mal perçu ou même non perçu en anglais?

Non mais la musique est un truc universel, que ce soit en anglais ou en français, c’est avec la musique que tu fais passer un message. Donc, évidemment, on fait passer la musique avant les textes, on est pas non plus des poètes maudits.

Pourquoi avoir choisit le titre  » DRUGSTORE » pour ce nouvel album de No One is Innocent ?

Parce-que on avait l’impression que chacun de nos titres correspondait à une boutique et on avait la sensation que l’on était dans un espèce de centre commercial où il y avait une boutique qui parlait de claviers vintage, une boutique qui parlait de guitare, un boutique qui parlait de gens qui était en colère par rapport à ce qu’il se passe. Aussi par rapport à la Gauche dans notre pays, en référence au morceau « Les Opposants ». Et aussi parce-que il y a ce fameux morceau  » Drugs », un espèce d’hymne à la joie, qui est un morceau important pour nous.

Alors maintenant, on aimerait savoir comment se passe le début de la tournée No One is Innocent ?

Pour nous, je crois qu’on est en train de faire les meilleurs concerts de l’histoire du groupe. Car au bout de 5 albums on a atteint une bonne gestion du rythme du concert. On se connaît tous depuis 7 ans maintenant. Et aussi les gens se rendent compte que l’on arrive à mêler les morceaux du premier album jusqu’au dernier. Tu sais, faire un album c’est un instant figé, mais c’est aussi une chance de pouvoir produire et proposer quelque chose de différent.

Que penses-tu de la musique aujourd’hui avec le téléchargement gratuit, faut-il lutter contre ou accepter et envisager des solutions?
Ce n’est pas à moi de décider cela. Moi je sais simplement que le téléchargement n’est pas une obsession chez nous. On va pas être les défenseurs ni pro téléchargement, ce n’est pas notre rôle. Évidemment, le disque se vend moins mais aussi parce-que le disque est encore trop cher. Une fois je suis allé dans le bureau d’un directeur artistique et il y avait un panneau qui disait : « Un disque moins cher est un disque qui se vend plus ». Alors je lui demandé quand est-ce que vous allez appliquer cette formule? Tu vois aux Etats-Unis, ils ont baissé le prix du disque et çà a relancer le marché ! Moi je comprends les gens qui viennent à la Fnac et qui voient des disques à 16-17 Euros, et tu comprends pourquoi les gens préfèrent mettre 16-17 euros pour aller voir un concert.

Il y a une importante marge de temps entre chaque albums, est-ce que vous avez un temps prédéfinis pour composer ou vous le faîtes sur les tournées ?
Non on ne compose pas en tournée, on est physiquement et moralement trop raide pour le faire. Mais quand on part en tournée c’est pour un an, voire un an et demi. Donc quand on sort de là, il faut revenir et avoir les idées claires. Parce-que à chaque fois que l’on fait un album on se pose les mêmes questions : Pourquoi? pour quoi faire? Donc on essaie de trouver un son qui nous botte à chaque fois, comme on a fait avec Drugstore. Pour cet album on a cherché pendant 3-4 mois notre son pour construire puis après on se lâche un peu la grappe, et après il y a le chanteur qui vient et qui prend un peu la tête au guitariste (rires). Un grand classique.

Et ton projet de faire un album blues ?
Oui ça c’est un rêve, moi je suis un très grand fan de blues. J’ai commencé à écouter la musique avec le blues de Jimi Hendrix, ou Muddy Watters. Après ta carrière fait que tu rencontre Iggy Pop et les MC5, mais plus tu avances et plus tu reviens aux racines. Mais je ne veux pas faire un album de blues classique, je veux quelque chose qui soit dans son temps.

En terme de public, vous êtes un groupe qui commence à avoir un peu d’expérience, avez-vous toujours ce public jeune des débuts?
Il y a un peu de tout en fait, et c’est çà qui est bien. Du coup le groupe continue à avoir envie de jouer et ça se ressent.

Est-ce que aujourd’hui, vous pourriez comme il y a quelques années, jouer « La Jeunesse Emmerde Le Front National » ?
Ouais…tu verras ce soir il y a des morceaux comme « Nomenklatura » ou « Où Etions Nous » qui évoque le 21 Avril, on évoque cette montée du FN.
Nous quand on a commencé à faire de la musique on s’inspirait de La Mano ou Les Bérus, parce-que c’était des groupes qui faisaient des chansons pour dire quelque chose et c’est çà qui nous a marqué.

Quels groupes écoutais-tu étant ados ?
Moi j’ai eu une double culture en fait. Une que je me suis faîtes à travers mes potes au lycée, on écoutait du Hard Rock tel que Black Sabbath, Motorhead, Ozzy, Thin Lizzy, Led Zep… et puis à travers çà ma soeur écoutait les Stooges, les Stones, Talking Heads, Divo… et moi je tendais l’oreille en me disant que c’était pas mal ce qu’elle écoutait. Je n’étais pas forcément fermé dans ma bulle et çà m’a beaucoup influencé dans ma façon d’écrire des chansons.

Pour la dernière question, comment vois-tu le futur de No One Is Innocent?
ha j’en sais rien, nous on vit au jour le jour.

Merci Kémar et bon concert !

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